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Procès du Promoteur Immobilier et de sa fidèle épouse la Bureaucratie

Le 13 septembre 1969, les Marolliens enterraient symboliquement le Promoteur Immobilier et sa fidèle épouse la Bureaucratie. Cet acte marquait la fin de la Bataille des Marolles. Face à la résistance des habitants du quartier contre les expropriations massives prévues pour agrandir le Palais de Justice, le Promoteur et la Bureaucratie avaient dû reculer.

 2014 : le Promoteur Immobilier et sa fidèle épouse la Bureaucratie sont de retour dans le quartier pour construire un parking sous la place du Jeu de Balle.

 Le 30 novembre  2014, la Société du Carnaval Sauvage a organisé leur procès…

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Déjà plus de 13.000 signatures contre un parking sous le Jeu de Balle !

Ce dimanche midi, la place du Jeu de Balle a crié haut et fort son refus catégorique de voir la Ville de Bruxelles y construire un parking souterrain. Les marchands et commerçants de la place ont massivement collé sur leurs stands et à leurs vitrines des affiches montrant leur opposition à ce projet qui, s’il se réalise, détruira l’économie et la vie de tout un quartier. Ils continuent également à faire signer la pétition qui insiste sur le fait qu’au « contraire d’un nouveau grand chantier, la place du Jeu de Balle et son sous-sol historique mériteraient d’être classés. Le marché aux puces qui s’y tient quotidiennement depuis 1873 et l’activité qu’il génère à ses abords sont uniques au monde et constituent un patrimoine économique, social et culturel qu’il convient de préserver par tous les moyens. »

Cette pétition, lancée mardi 25 novembre dans l’après-midi, a déjà recueilli 13.044 signatures (9477 sur internet et 3507 déjà recensées sur format papier dans le quartier). Et ce n’est pas fini !

En marge du marché aux puces, dans le froid de cette fin novembre, 300 personnes se sont réunies pour assister au Procès du Promoteur Immobilier et sa fidèle épouse la Bureaucratie. Un clin d’œil à la Bataille des Marolles où, le 13 septembre 1969, les Marolliens enterraient symboliquement le Promoteur Immobilier et sa fidèle épouse la Bureaucratie. Face à la résistance des habitants du quartier contre les expropriations massives prévues pour agrandir le Palais de Justice, le Promoteur et la Bureaucratie avaient dû reculer. Aujourd’hui encore, les Marolliens se mobilisent et sont bien décidés à faire reculer cette nouvelle attaque contre leur quartier !

Dès 16h30 ce dimanche, le festival Touche pas à mon Jeu de Balle ! va animer la place pendant 24 heures non-stop, jusqu’à l’heure de la réunion du conseil communal de Bruxelles-Ville qui, ce lundi, est censé voter le nouveau plan de circulation du Pentagone et le cahier des charges des quatre nouveaux parkings que le Collège de Mr Yvan Mayeur espère construire sous des places historiques de Bruxelles. La Plateforme Marolles réitère sa demande de retirer ce point de l’ordre du jour du conseil communal et d’abandonner ce projet aberrant. Le quartier des Marolles a montré ces derniers jours que sa capacité de mobilisation est grande. Sa détermination l’est tout autant.

 

Des places publiques ou des places de parkings ?

Communiqué de presse de Pétitions-Patrimoine, 29/11/2014

Pétitions-Patrimoine se joint au concert de critiques qui voient le jour suite au projet de « piétonisation » d’une partie du centre-ville de Bruxelles. Pour l’association de défense du patrimoine, ce projet qui vise à créer une zone piétonne autour de la Grand-Place au détriment du reste du Pentagone ressemble à un mauvais rêve issu des années 1960, époque bénie de la bruxellisation. En effet, la philosophie qui sous-tend le projet paraît particulièrement rétrograde car il ne s’agit pas de protéger du trafic automobile un centre historique déjà saturé de voiture mais, au contraire, d’y amener plus de voitures en proposant de nouveaux parkings souterrains qui défigureront plusieurs places historiques (place Rouppe, place du Jeu de Balle, place de l’Yser et Nouveau Marché aux Grains). Ces parkings, confiés à des opérateurs privés, devront nécessairement être remplis au mieux pour assurer leur rentabilité, ce qui empêchera, par effet rebond, toute future politique volontariste de réduction du trafic.

Alors que la plupart des villes européennes mettent en place des politiques visant à protéger leurs centres historiques du trafic automobile et à inciter les visiteurs, chalands et touristes à laisser leurs voitures en périphérie et à y venir en transport public, la Ville de Bruxelles prône exactement l’inverse : amener les visiteurs – en voiture – au plus près d’un hyper-centre, certes piétonnier, mais qui est traité comme un simple shopping-centre, c’est-à-dire desservi par une sorte de mini-ring routier et entouré de parkings. Or, on sait que les centres anciens, avec leurs rues généralement étroites et non rectilignes, n’ont pas été conçues pour l’usage de l’automobile et que, historiquement, toutes les tentatives pour les y adapter ont été des échecs, créant plus de nuisances que de fluidité. On sait aussi combien la pollution atmosphérique due à ce trafic salit et dégrade la pierre et les matériaux des monuments et bâtiments historiques.

Du projet porté par la Ville de Bruxelles, Pétitions-Patrimoine dénonce surtout la mise à sac des quatre places historiques du centre vouées à accueillir les nouveaux parkings souterrains. En effet, la création de ces parkings s’accompagnera inévitablement de la construction de diverses cheminées d’aération et trémies d’accès. Ces dispositifs sont particulièrement encombrants et détruiront les proportions, circulations, perspectives et cohérences visuelles de ces places publiques, en particulier du fait que la plupart d’entre elles sont de taille plutôt modeste. Il suffit de voir les difficultés d’aménagement de la place de la Monnaie, littéralement coupée en deux par les trémies d’accès au parking qu’elle surplombe. Son espace est pourtant assez généreux mais il semble bien encombré par les dispositifs techniques du parking (bouche d’aération et trémies d’accès) qu’on a essayé, tant bien que mal, de masquer par des aménagements divers. On y voit aussi combien le cheminement des piétons est entravé par les deux voies d’accès au parking. Alors, va-t-on répéter les mêmes erreurs sur des places plus petites ? Imagine-t-on vraiment la petite place du Nouveau Marché aux Grains ou la symétrique et classique place Rouppe affublées de rampes d’accès à des parkings et dépourvues à jamais de toute possibilité d’y planter des arbres ?

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L’abri anti aérien sous la place du Jeu de Balle.

Plus particulièrement, Pétitions-Patrimoine s’est penchée sur le cas de la place du Jeu de Balle qui possède des spécificités qui la rende particulièrement inapte à accueillir un parking souterrain. Tout d’abord, comme pour les autres places, il y a le problème des aérations et voies d’accès qui vont défigurer sont attrait historique et esthétique : simplicité, uniformité des matériaux de qualité (pavés), lisière d’arbres… Ensuite, le sous-sol de la place possède des éléments qu’il conviendrait de préserver pour leurs valeurs historiques : partie de l’ancienne usine de locomotive de la « Société du Renard » (1837) et un vaste abri anti-aérien pratiquement intact datant de la Seconde Guerre Mondiale. La place, achevée en 1863, abrite aussi le « vieux marché » quotidien depuis 1873. Le long chantier du parking et le réaménagement de l’espace de la place risque de mettre à mal ce marché populaire qui, avec son folklore et ses multiples anecdotes, fait partie de l’Histoire et du patrimoine immatériel de Bruxelles. Les Marolliens et nombreux Bruxellois qui pétitionnent et protestent en ce moment contre cette menace ne s’y sont pas trompés.

Pétitions-Patrimoine demande à la Ville de revoir la copie de son plan de piétonisation, tout d’abord en abandonnant l’idée de créer de nouveaux parkings souterrains dans le centre-ville. Ceux-ci sont inutiles, coûteux et destructeurs du patrimoine et de l’espace public. Ensuite, Pétitions-Patrimoine plaide pour un changement de philosophie du plan : s’il y a piétonisation d’une partie du centre-ville, cela ne doit pas se faire au détriment des autres quartiers du Pentagone et une politique générale de modération du trafic doit être mise en place afin de préserver ce qui fait la qualité d’un centre historique digne de ce nom.

Dimanche 30/11

Ce dimanche 30 novembre, comme tous les dimanches, et comme chaque jour d’ailleurs, c’est marché aux puces. Mais c’est un dimanche particulier : nous serons à 24 heures du conseil communal qui doit entériner le cahier des charges de ce parking inutile qui va défigurer le cœur des Marolles.

Nous vous donnons rendez-vous à 12h autour de la place du Jeu de Balle, pour montrer notre attachement à ce quartier tel qu’il est, signer la pétition, profiter du marché aux puces, des bistrots… et du procès du Promoteur Immobilier et de sa fidèle épouse la Bureaucratie.

Et de 16h30, jusqu’au lendemain à 16h30  : Touche pas à mon Jeu de Balle !, un festival gratuit de 24h (au Chaff).


Dimanche 30/11 à 12h (rendez-vous devant l’église) :

Procès du Promoteur Immobilier et sa fidèle épouse la Bureaucratie

Le 13 septembre 1969, les Marolliens enterraient symboliquement le Promoteur Immobilier et sa fidèle épouse la Bureaucratie. Cet acte marquait la fin de la Bataille des Marolles. Face à la résistance des habitants du quartier contre les expropriations massives prévues pour agrandir le Palais de Justice, le Promoteur et la Bureaucratie avaient dû reculer.

 2014 : le Promoteur Immobilier et sa fidèle épouse la Bureaucratie sont de retour dans le quartier pour construire un parking sous la place du Jeu de Balle. Nous les ferons reculer !

 Ce dimanche 30 novembre, la Société du Carnaval Sauvage organise leur procès.

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Dimanche 30/11 à 16h30 jusque lundi 1/12 à 16h30 (au Chaff) : 

Touche pas à mon Jeu de Balle !

Un festival gratuit de 24h au Chaff, avec  Françoiz Breut, Marie Warnant, Matthieu Ha, Odieu, Sylvain Chauveau, Les Vedettes, Frituur, etc. enz.

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Lundi 1/12 à 16h30 (à l’Hôtel de Ville) :

Conseil communal de la Ville de Bruxelles

Ce lundi, en points 37, 38, 39 et 40 de son ordre du jour, le conseil communal doit voter le cahier des charges des 4 parkings (Yser, Nouveau Marché aux Grains, place Rouppe, place du Jeu de Balle) que la Ville compte construire dans le cœur de Bruxelles. Les habitants concernés par les projets de nouveaux parkings risquent d’être présents en nombre pour marquer leur opposition. Rien que pour la place du Jeu de Balle, un événement Facebook compte 2600 inscrits. La salle du conseil communal risque d’être trop petite…

 

De Marollen mobiliseren zich tegen plannen ondergrondse parking onder Vossenplein

Persbericht, 27/11/2014
Giene parking onder onze  Met !
Het Platform Marollen verzamelt marktkramers, handelaars, verenigingen, buurtbewoners en alle mensen die houden van de buurt en klanten van de rommelmarkt. Het Platform werd opgericht na de aankondiging van het circulatieplan dat de bouw van 4 ondergrondse parkings voorziet. Dit voorstel zal leiden tot de verminking van verschillende plekken in het centrum van Brussel, waaronder het befaamde Vossenplein. Bovendien zal het plan leiden tot nog meer verkeer in een centrum dat al vastzit en zullen de bewoners jarenlang tussen bouwwerven leven.

Opgericht op de avond van 24 november, startte het Platform de dag erop met een petitie tegen het plan. 48 uur later hadden al meer dan 6000 mensen de petitie ondertekend. Naast de petitietekst, nodigen we jullie uit om de bedenkingen van de ondertekenaars te lezen. De ondertekenaars van de petitie benadrukken: « In plaats van deze plek te transformeren in een bouwwerf, verdient het Vossenplein en z’n ondergrond geklasseerd te worden. De vlooienmarkt die sinds 1873 al elke dag trouw plaatsvindt, is uniek in de wereld en vormt een economisch, sociaal en cultureel patrimonium dat met alle mogelijke middelen beschermd moet worden.”

Deze petitie is trouwens niet de enige vorm van protest : de groep ‘NO PARKING JEU DE BALLE’, die een week geleden werd opgericht via de sociale media, verenigt momenteel zo’n 1450 mensen. De Facebookpagina ‘We Love Jeu de Balle’ telde op 3 dagen meer dan 5000 likes en roept op om op 1 december af te zakken naar de gemeenteraad in het Brusselse stadhuis op de grote markt.

Want ondanks het feit dat er geen enkel voorafgaand overleg gepleegd met de bewoners, de plannen op geen enkele voorafgaande studie steunen en niet tegemoet komen aan de behoeften van de buurt, is het college van plan om maandag te stemmen over het lastenboek van de ondergrondse parkings. Een lastenboek dat de raadsleden trouwens nu pas hebben ontvangen.

Het Platform Marollen vraagt aan het college van de stad:

Het intrekken van het agendapunt op de gemeenteraad. Indien de procedure van de Stad gevolg krijgt, worden de openbare concessies aan privébedrijven uitbesteed en zal gestart worden met de bouw van parkings en dat zonder een serieuze studie en zonder dat de bevolking op een serieuze manier werd bevraagd.
Stopzetten van het parkingproject en de start van een echte dialoog met betrekking tot de mobiliteitsproblemen.
De leden van het Platform Marollen houden nu zondag 30 november een symbolische actie op het Vossenplein. Iedereen wordt uitgenodigd om z’n liefde te tonen voor het Vossenplein en z’n afkeer te laten blijken tegen de plannen om de stad te verminken.


www.plateforme-marolles.be
contact@plateforme-marolles.be

Les Marolles se mobilisent contre le projet d’un parking sous la place du Jeu de Balle

Communiqué de presse, 27/11/2014 

Giene parking onder onze  Met !

La Plateforme Marolles réunit des marchands, des commerçants, des associations et des habitants des Marolles, mais aussi des amoureux de  ce quartier populaire et des clients de son marché aux puces. Elle s’est constituée suite à l’annonce de la construction de quatre parkings souterrains qui vont défigurer plusieurs places du centre de Bruxelles, dont la place du Jeu de Balle, et ainsi créer des flux de circulation supplémentaires dans des artères déjà congestionnées et faire subir aux Bruxellois des années de chantiers. La Plateforme Marolles s’oppose à ce parking inutile sous la place du Jeu de Balle. Sa construction aurait des conséquences catastrophiques pour le marché aux puces et le quartier des  Marolles.
 
Créée le 24 novembre lors d’une réunion qui a rassemblé près de 150 personnes, la Plateforme Marolles a lancé dès le lendemain une pétition contre ce projet de parking, qui a recueilli près de 6500 signatures en 48 heures ! Outre le texte de la pétition, nous vous invitons à lire les nombreux commentaires laissés par les signataires qui font part à la fois de  leur attachement à ce quartier, tel qu’il est. Les signataires de la pétition soulignent : « Au  contraire d’un nouveau grand chantier, la place du Jeu de Balle et son  sous-sol historique mériteraient d’être classés. Le marché aux puces qui  s’y tient quotidiennement depuis 1873 et l’activité qu’il génère à ses abords sont uniques au monde et constituent un patrimoine économique,  social et culturel qu’il convient de préserver par tous les moyens. » 
 
Cette  pétition n’est pas la seule manifestation du rejet des Bruxellois à ce  projet : le groupe « NO PARKING JEU DE BALLE!!!!!! », lancé il y a  une semaine sur les réseaux sociaux, réunit à ce jour 1450 personnes opposées à ce parking. La communauté virtuelle « We Love Jeu de Balle »,  créée pour sauver la place du Jeu de Balle, a attiré plus de 5000  sympathisants en trois jours et appelle les Bruxellois à se rendre ce  lundi 1er décembre au conseil communal de la Ville de Bruxelles.
 
En effet, malgré qu’aucune concertation n’ait été menée avec les riverains, que ces projets ne reposent sur aucune étude préalable et ne correspondent pas aux besoins du quartier, le Collège de Bruxelles compte faire voter lundi  prochain le cahier des charges de ce parking souterrain ! Un cahier des  charges que les conseillers communaux viennent d’ailleurs à peine de recevoir…
 
La Plateforme Marolles demande au Collège de la Ville de Bruxelles :
Le retrait de ce point de l’ordre du jour du conseil communal.  Si la procédure que la Ville a entamée se poursuit, les concessions publiques seront octroyées aux sociétés privées qui construiront les  parkings avant même que la moindre étude sérieuse ni qu’une enquête publique soient menées.
L’abandon du projet de parking et l’ouverture d’un véritable dialogue sur les problèmes de mobilité dans le quartier.
 
Les membres de la Plateforme Marolles mèneront une action symbolique ce dimanche 30 novembre dès midi sur les abords de la place du Jeu de Balle. Ils invitent tous les amoureux des Marolles à les rejoindre pour  signifier le refus de la population de voir ce quartier être défiguré.www.plateforme-marolles.be
contact@plateforme-marolles.be

Un piétonnier au centre-ville ?

Position du Comité de défense des habitants de Bruxelles centre concernant le projet de piétonnier centre-ville, 8 octobre 2014

Bien sûr, proposer un piétonnier au Centre de Bruxelles ne peut être reçu qu’avec sympathie, surtout après 56 ans du tout à la voiture, rien ou peu pour les piétons, les vélos, les transports en commun mais…

Tant que les autorités communales et en particulier son Bourgmestre Monsieur Mayeur refusent de présenter ou sont incapables de montrer des plans d’ensemble prenant en compte des études de mobilité (automobile, parkings, comptages, projections et analyses des nouvelles nuisances pour les habitants…), prenant en compte une proposition d’organisation crédible des transports en commun, prenant en compte les résultats d’une étude sur l’impact d’une création de zonings différentiés sur les commerces existants hors zone piétonne ainsi que ces habitants, prenant en compte un projet global sur le Pentagone, nous, le comité de défense des habitants de Bruxelles Centre ne peuvent que rejeter l’ensemble du projet.

Description du projet, d’après les informations à notre disposition :

Ce projet est prévu à Bruxelles qui est, d’après une récente étude, une nouvelle fois consacrée numéro 1 mondial de la congestion devant Londres, Los Angeles et… Anvers et ceci malgré les constructions d’infrastructures routières importantes et de nombreux parkings en son centre.

– Situé sur les boulevards centraux principaux du Centre Ville (place de Brouckère et la Bourse) et ses alentours directs, cette zone serait cernée par les rues de Laeken, des Poissonniers, Van Artevelde, des six jetons, des Bogards, des Alexiens, le boulevard de l’Empereur pour redescendre par la rue d’Assaut et la rue Fossé aux Loups.

– Ces voiries seront aménagées en doubles voies en sens unique, formant une petite « strootje » d’après le Bourgmestre Mayeur.

– Construction et augmentation du nombre de parkings publics autour du piétonnier.

– Ce piétonnier serait le plus grand d’Europe d’après nos échevins.

– Les motivations principales annoncées sont :

  • Ne plus avoir un boulevard mais une succession de places.
  • Attirer une autre activité économique dans une zone piétonne.
  • Bloquer le trafic de transit sur les boulevards du centre (30% d’après l’échevine de la mobilité).
  • Améliorer le confort. Remettre de la qualité et se la réapproprier.
  • L’aspect économique est essentiel.

Pourquoi ce projet en l’état est une fausse bonne idée !

– Les boulevards centraux sont les éléments les plus structurants d’un point de vue urbanistique dans le Pentagone et leurs accessibilités devraient êtres sauvegardés pour une lisibilité urbaine
au même titre que la rue Royale par exemple.

– La « petite boucle » pour l’échevine, la « strootje » pour le Bourgmestre, le « petit Ring Mayeur » pour les habitants, serait constituée dune double voie longeant écoles, crèches, parcs, rue commerciale… et ceci à la place de petites voiries, ce qui semble ingérable pour les riverains, voire extrêmement dangereux.

– La construction de parkings supplémentaires n’est envisagée dans l’ensemble des villes européennes qu’à l’extérieur de celles-ci et certainement pas au centre afin de décongestionner les centres urbains.

– Ce piétonnier serait le plus grand d’Europe malgré la complexité urbaine Bruxelloise. N’oublions pas que pour l’aménagement du centre de Bordeaux, l’étude a tenu compte d’une zone de 25 km de rayon afin de créer des synergies avec les quartiers environnants afin de ne pas perturber ceux-ci mais de mettre l’ensemble de la ville en valeur et rendre l’ensemble plus convivial.

– Concernant les motivations :

  • À l’origine, le boulevard était constitué d’une succession de places conviviales détruites et remplacé par un aménagement mono fonctionnel favorisant la voiture, l’accessibilité, le parking et les commerces…
  • Si l’ensemble des aménagements est de qualité et sans passé par l’exclusivité du piétonnier, les commerces y viendront (place Vendôme par exemple).
  • Bloquer le trafic de transit : tout le monde est pour. Mais pour éliminer les 30% de transit, il faudra détourner les 70% restants vers les quartiers aux alentours et saturer encore un peu plus ceux-ci et donc mettre clairement en péril la pérennité de ces quartiers tant pour les habitants que pour les commerçants.
  • La qualité et le confort dépendent en effet des aménagements tout en tenant compte de la mixité des usages.
  • L’aspect économique est évidemment important et pour cette raison, un projet tenant compte de l’ensemble du Pentagone serait certainement plus productif.

Des propositions possibles ?

– Organiser un péage.

– Des radars sanctionnant les transits dans le pentagone (entrées et sorties).

– Un aménagement généralisé dans l’ensemble du Pentagone comme dans d’autres villes supprimant les différentiations trottoirs – voiries, et qui tienne compte de l’ensemble des usagés urbains : piétons, vélos, transports en commun, voitures, livreurs et qui apporterait donc plus de convivialité à l’ensemble des usagés : habitants, commerçants, travailleurs, touristes, consommateurs… Les multiples zones piétonnières se verront ainsi aménagées quasi naturellement et recevront de manière douce de multiples pôles commerciaux.

Ou…

Notre étonnement !

– On présente déjà l’aménagement des espaces de manière détaillée (29/9).

– Des espaces, on ne sait pas encore lesquels (place De Brouckère ou sur la Bourse), seront dévolus à des évènements « culturels »(29/9). On imagine déjà les grands écrans, la musique forte, et les kermesses imposées.

– On parle des enseignes commerciales déjà sollicitées (29/4).

– À ce jour, nous ne connaissons pas les propositions de la Stib pour la réorganisation de son réseau, sachant qu’il s’agit la plus grande gare de bus à Bruxelles. Le bourgmestre Mayeur propose comme alternative l’utilisation d’une autre société le transport en commun dans le Pentagone (29/9)…

– Nous allons assister à la création d’une zone mono fonctionnelle en opposition au reste du Pentagone alors que les décideurs de l’ensemble des villes européennes privilégient la diversité et la mixité.

À Bruxelles, quels sont les piétonniers importants qui n’ont pas fait fuir leurs habitants ?

Le Bourgmestre Monsieur Mayeur nous dit que tout est décidé.

Mais nous vous le demandons, Monsieur le Bourgmestre, prenons le temps de la réflexion ! C’est indispensable et démocratique, personne n’en mourra.

Parkings basta !

Un texte de Marie-Laure Béraud

Nous le savons tous la voiture n’est pas l’avenir de l’homme.

Bruxelles est une ville où la circulation est un cauchemar. En effet même à Paris elle est beaucoup plus fluide et je pense qu’une des raisons est l’existence de couloirs pour les bus et les taxis que rien ne vient obstruer, du coup un grand nombre de parisiens utilise ces moyens de transport car ils sont fiables. Bien sûr il y a aussi le métro.

A Bruxelles, puisque c’est ce qui nous importe, circuler en voiture à peu près à n’importe quelle heure de la journée relève du parcours du combattant, bouchons, travaux sans fin, incivilités des conducteurs et j’en passe. Il y a dans cette ville je ne sais combien de gares reliées au métro et aux bus, des parkings en pagaille pourtant à moitié vides voire moins que cela encore. Un des problèmes tient à la paresse des usagers qui préfèrent se garer en rue plutôt que d’utiliser ces parkings notamment le soir où la rue est gratuite. Le fait est aussi que le prix des parkings est il faut bien le dire assez dissuasif. Partons alors du principe que si tu veux absolument prendre ta voiture il y a un prix à payer sinon tu fais un peu marcher tes jambes ou tu prends ton vélo.

La nouvelle atterrante de l’implantation de nouveaux parkings en ville ne semble faire sourire que notre bourgmestre et d’autres de ses comparses. Des chantiers qui bouleverseraient la vie des habitants, des travaux gigantesques pas du tout adaptés aux lieux choisis et notamment celui prévu place du jeu de balles où des dizaines de marchands sont là tous les jours sur cette place charmante, lieu de convivialité. Les rues alentour sont étroites et déjà difficilement praticables par les brocanteurs en camionnettes, dès lors pour entreprendre des travaux d’une telle ampleur comment ne pas défigurer le lieu lorsque d’énormes machines seront à l’oeuvre ? Pour flanquer 6 niveaux de garage dans un sous-sol gorgé d’eau ? Que feront les marchands dans un tel foutoir ?

Pourquoi les visiteurs ne s’arrêteraient-ils pas Gare de la Chapelle à proximité ou encore au métro porte de Hal et pour les inconditionnels de la voiture deux parkings existent à proximité qui ne sont pratiquement pas utilisés. Ce projet est inutile comme les autres car il incite à aller à contre courant d’une philosophie du mieux être sans pollution. L’époque de tout à la voiture devrait être terminée depuis longtemps vu les enjeux écologiques. Madame Els Ampe a dû se tromper d’époque, faut-il lui rappeler que nous sommes au 21ème siècle et qu’il n’est pas possible de se comporter comme au temps des trente glorieuses ? Que fait monsieur Mayeur bourgmestre à part s’imaginer de beaux boulevards plein de touristes, une manne pour le commerce avec encore cette vieille idée de consommation frénétique ? A-t-il la moindre idée de l’ampleur catastrophique qu’engendreraient de tels travaux pour les riverains ? S’en soucie t-il ? Pense-t-il autrement qu’en terme de rentabilité, de profit ? Et Pascal Smet avec ses copains architectes il pense à quoi ?

Est-ce que par exemple Mr Huillard PDG de Vinci (40 milliards de chiffre d’affaire en 2013) travaille aussi à la construction de pistes cyclables? Parce que si c’était le cas tout cet argent inutilement dépensé pourrait servir à cela entre autres, histoire de faire évoluer les comportements. Par ailleurs je serais curieuse de savoir à combien s’élèveraient ces inepties car il me semble que c’est grâce au contribuable que de telles actions sont entreprises et à partir du moment où les citoyens paient leurs impôts il me paraîtrait très opportun qu’ils aient leur mot à dire. Par temps de crise il serait temps de penser aux humains plutôt qu’aux parkings et s’affairer à de tels projets inutiles est d’un cynisme éblouissant. Les politiques doivent cesser de prendre les contribuables pour des vaches à lait au service de leur mégalomanie.

Depuis déjà des décennies Bruxelles est ravagée par des promoteurs sans scrupules avec la complicité des politiques et cela doit s’arrêter, Bruxelles ne leur appartient pas en particulier, Bruxelles est notre ville à tous et nous voulons la garder avec ce qui lui reste d’authenticité et de charme.

Bruxelles ma belle…

Un texte de Jan Bucquoy

Le centre ville de Bruxelles se vend sous le nez de ses habitants qui sont refoulés vers des communes pauvres qui deviendront à leur tour la proie des promoteurs. Les habitants exsangues par les loyers insupportables finiront dans des caves humides ou s’entasseront à 20 dans 20 m2.

L’impuissance où nous sommes à rendre coup pour coup illustre une difficulté plus générale: le capital ne nous offre plus de point d’appui, de visage, de cible compacte. Nous cherchons des barons, deux cent familles riches ou des maîtres du monde et nous ne trouvons qu’un ramassis de managers cyniques payés au pourcentage qui gèrent des fonds de pensions californiens. Ils avancent masqués, conquièrent de nouveaux espaces, des continents inconnus. Ils nous colonisent.

Les habitants de cette ville sont les nouveaux esclaves d’un règne nouveau. Ces managers se sont emparés de notre langage et de notre imaginaire. La restructuration capitaliste n’a pas frappé l’usine sans frapper, dans un même temps, le reste, c’est à dire la ville et l’habitat.

Le centre ville avec ses piquets et barrières sur le trottoir, les ronds points à fleurs, la rue aux pitas près de la Grand-Place de la capitale canalisent les habitants vers les ghettos commerciaux de la rue Neuve. Transformés en mobilier urbain, les habitants et leur vie deviennent de la valeur marchande et utile et sont uniquement considérés en acheteurs potentiels. Cette ville aux petits loyers s’est transformée en îlot privilégié d’eurocrates aux salaires gargantuesques plongeant ses habitants sous le seuil de la pauvreté.

Plus de place donc pour des Dolle Mol, les Marolles, des cafés populaires ou d’autres lieux de replis et de résistance à ce monde qui n’a retenu de 10000 ans de culture que vendre, acheter et faire du profit. Déjà au XIX ème siècle, Bruxelles, capitale de la liberté d’expression accueillait les plus grands noms de la contestation y étaient chez eux: Marx, Engels, Bakounine, Victor Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine…

Car Bruxelles brusselait. Cette ville créait des liens de parole et de parenté, liens de souvenir et de l’intimité. Habitudes, usages, solidarités. Tous ces liens établissent entre les humains et les choses, entre les lieux, des circulations anarchiques sur quoi la marchandise et ses promoteurs n’ont pas directement prise. L’intensité de ces lieux les rend moins exposés et plus impropres aux rapports marchands.

Dans l’histoire du capitalisme, cela a toujours été le rôle de l’État que de briser ces liens, de leur ôter la base matérielle afin de disposer les êtres au travail, à la consommation et au désenchantement.

Les nouveaux cafés sont des lieux de solitude.

Bruxelles s’entoure d’un désert administratif et crée une société de déracinés. Les quartiers populaires sont envahis par des nouveaux bourgeois, élite européenne qui rem-place les habitants humains avec leurs cris, odeurs, bagarres, complicité. Ce n’est qu’une question de temps, les loyers augmentant et les anciens bâtiments industriels étant massivement changés en lofts spacieux, la nouvelle population prendra la place de l’ancienne (voir les Marolles et l’arrivée du Sablon).

Le garage deviendra un dancing couru de tous et l’ancienne filature servira des déjeuners plus bio que nature.

Bruxelles participe d’une guerre. D’une guerre d’anéantissement. Tout se passe comme si la bataille se livrait et que nous n’avions pas pied sur le terrain d’affrontement. Comme si c’était la dimension même de la guerre qui nous échappait. Comme si nous reculions devant l’élément même sur lequel opère désormais, le capital. Cela vaut mieux pour les quartiers et cela vaut pour les amitiés; parmi les camarades, combien de complices avons-nous dû laisser pour mort sur le front esthétique? Combien, lassé de l’agitation comme de la paralysie militante, s’abîment aujourd’hui dans la culture?

Les promoteurs considèrent l’espace urbain à la fois comme un tissu marchand, un espace soumis à la production des marchandises et comme une devanture, une réclame.Espaces publics et immeubles majestueux se convertissent en emblèmes et symboles de la réussite des nouveaux riches.

Les espaces urbains vivables se réduisent. Les trottoirs et ses piquets empêchent de se promener la main dans la main, de traîner, de vadrouiller, de s’engueuler. Tout est construit pour faire son shopping. Que le peuple de Bruxelles se rassemble, que ceux qui s’y reconnaissent soient les bienvenus.

La ville n’est pas à vendre, la ville est là pour qu’on y vive.