Archives pour l'étiquette patrimoine

« Personne ne penserait un jour à démonter l’Atomium », vraiment ?

Carte blanche parue sur le site du "Soir" et dans "Brussel Deze Week", 04/02/2015

Classer la place du Jeu de Balle à Bruxelles : une évidence !
Et pourtant…

Fin janvier, une pétition citoyenne a été remise à la Région bruxelloise pour demander le classement comme site de la légendaire place du Jeu de Balle, ainsi que de plusieurs bâtiments emblématiques qui s’y trouvent et de l’abri anti-aérien datant de la Seconde Guerre Mondiale qui se situe dans son sous-sol. En remettant leur dossier, les pétitionnaires ont activé un droit démocratique prévu par le Code bruxellois de l’Aménagement du Territoire (CoBAT) qui permet de demander au Gouvernement régional l’ouverture d’une procédure de classement.

À peine la pétition déposée, le Ministre-Président Rudi Vervoort, en charge du Patrimoine, donne déjà une forte indication sur l’attitude qu’il prendra au moment de décider en qualifiant cette démarche d’« instrumentalisation du patrimoine ». Un propos qui démontre fort peu de considération pour cette initiative citoyenne.

Il pointe du doigt le fait que cette demande de classement vise à bloquer le projet de la Ville de Bruxelles de construire un parking sous la place du Jeu de Balle. Selon lui, « Il existe d’autres moyens pour refuser des projets s’ils ne sont pas acceptables quelles qu’en soient les raisons. Je ne suis pas convaincu qu’il s’agisse d’une bonne manière d’agir. L’instrumentalisation du patrimoine pour contrer un projet n’est pas une bonne chose. » Ces « autres moyens », les Bruxellois qui s’opposent à ce projet de parking les utilisent déjà et auraient pu s’en contenter car ils ont de bonnes chances de gagner leur combat. Mais l’une de leurs principales motivations est justement la préservation de cette place historique et ils ne voient aucune raison de ne pas poser le débat sur ce terrain.

La place du Jeu de Balle est l’une des rares à Bruxelles ayant su conserver son caractère d’origine. Elle est riche d’un patrimoine architectural, historique et archéologique, d’ailleurs largement reconnu en Belgique comme à l’étranger. Le Vieux Marché qu’elle accueille quotidiennement depuis 1873, avec son folklore et ses multiples anecdotes, fait partie de l’Histoire et du patrimoine immatériel de notre ville.

Ni cette place ni son marché quotidien ne sortiront indemnes d’un long chantier de bétonisation du sous-sol et d’un réaménagement de la surface (la Ville de Bruxelles veut d’ailleurs confier la conception de l’espace public à une société de parking !). Un parking souterrain nécessiterait la création de diverses trémies, ascenseurs et cheminées d’aération qui défigureraient l’attrait historique et esthétique de la place. Un bref coup d’œil à la place de la Monnaie permet de se rendre compte à quel point les dispositifs de ce genre sont particulièrement encombrants et destructeurs des proportions, circulations, perspectives, cohérences visuelles et de matériaux, ceci tout en entravant le cheminement des piétons.

Alors, bien sûr, c’est la menace de la construction d’un parking souterrain qui a réveillé les esprits, réuni et mobilisé de nombreux Bruxellois, qui n’imaginaient pas que cette place qui leur est si chère et qui est si caractéristique du Vieux Bruxelles ne bénéficie à ce jour d’aucune protection et pourrait si facilement être détruite ou défigurée. Nous sommes les premiers étonnés qu’il nous incombe d’initier la procédure de classement de cette place emblématique ! Il nous paraissait pour le moins logique qu’un Ministre-Président en charge du patrimoine soutienne positivement une telle initiative. Pourtant…

Le retard de classement en région bruxelloise est abyssal et les propos du Ministre-Président n’ont pas de quoi rassurer, notamment quand il explique que le classement n’est pas « l’alpha et l’oméga de la protection patrimoniale », en prenant exemple sur des bâtiments comme l’Atomium ou le Palais Royal qui ne sont pas classés alors qu’on imagine qu’ils le sont. « Évidemment, personne ne penserait un jour à démonter l’Atomium », a-t-il précisé. Force est pourtant de constater qu’en 2014, alors que nous croyions les pires heures de la bruxellisation loin derrière nous, il s’est trouvé quelqu’un pour penser à construire un parking sous la place du Jeu de Balle ! Et ce n’est pas la seule place du cœur historique de Bruxelles à être ainsi menacée : la Ville souhaite également construire des parkings sous les places Rouppe, du Nouveau-Marché-aux-Grains, et toute la zone des anciens quais allant de la place de l’Yser jusqu’au Marché-aux-Porcs…

Pour le Ministre-Président, « Si la Ville dépose un jour une demande de permis pour un parking sous la place du Jeu de Balle, le projet ne sera pas analysé à la seule lumière du patrimoine, mais à la lumière de tous les enjeux qui sont concernés : de la mobilité à la cohésion sociale, en passant par le bon aménagement des lieux, l’urbanisme et le patrimoine. Il me paraît plus sain d’agir de la sorte. » Sauf que la législation sur la protection du patrimoine estime que certains témoins du passé méritent d’être protégés, et donc ne sont plus soumis aux mêmes critères en vertu de leur intérêt spécifique. C’est le principe du classement. Faire passer à l’avant-plan des considérations d’opportunités économiques, de mobilité ou autres relève à l’inverse d’une négation de toute politique de protection du patrimoine car, par nature, le patrimoine est irremplaçable et ne peut survivre à n’importe quel projet. Si on veut le préserver, il faut donc faire les choses dans l’ordre : d’abord l’inventorier et le protéger et, ensuite seulement, considérer les projets qui pourraient éventuellement y prendre place sans le mettre à mal. Ainsi, nous sommes en droit d’attendre que la Région bruxelloise examine la demande de classement sous l’angle du patrimoine et non en fonction d’autres enjeux. C’est tout simplement le sens même de la protection du patrimoine !

Pétitions-Patrimoine et Plateforme Marolles

Cette carte blanche paraît au moment où l'espoir des défenseurs du Jeu de Balle a pu se laisser emballer par les propos de l'échevine bruxelloise de la Mobilité, Els Ampe. Lors d'un déjeuner de presse, le 2 février, celle-ci a annoncé avoir entendu les critiques formulées à l'égard de son projet et décidé en conséquence qu'elle ne toucherait "probablement pas" au "caractère" de cette place légendaire… Tout en maintenant, dans la même déclaration, sa volonté de construire ce parking souterrain, vidant ainsi sa propre annonce de toute substance ! 

Het Vossenplein beschermen ? Evident, en toch…

Opinie gepubliceerd in “Brussel Deze Week” en op de website van Le Soir, 04/02/2015

Vorige week werd een erfgoedpetitie afgegeven om het Vossenplein te laten beschermen, samen met enkele gebouwen én de schuilkelder uit de Tweede Wereldoorlog. Deze petitie is conform het Brussels Wetboek voor Ruimtelijke Ordening. De Gewestregering wordt hiermee verzocht een beschermingsprocedure op te starten.

De handtekeningen waren nauwelijks droog of Rudi Vervoort, Minister-President bevoegd voor Erfgoed, sprak al meteen van “instrumentalisering van het erfgoed”. Initiatief van burgers wordt duidelijk niet geapprecieerd.

De beschermingsaanvraag zou dienen om het parkingproject te blokkeren. Volgens Vervoort “bestaan er andere middelen om projecten te weigeren als ze niet aanvaardbaar zijn, om welke reden dan ook. Ik ben er niet van overtuigd dat dit de juiste manier is.” De ‘andere middelen’ zijn inderdaad legio en de tegenstanders van de parking zullen ze ook aanwenden. Maar laat de bescherming van dit plein nu net één van de meest geloofwaardige middelen zijn. Er is geen reden om dit debat niet te voeren.

Het Vossenplein is één van die zeldzame Brusselse pleinen die zijn oorspronkelijke karakter niet is kwijtgespeeld. Niet alleen de gebouwen, de geschiedenis en de ondergrond maken dit plein tot ver buiten Brussel bekend, ook de dagelijkse rommelmarkt die er doorgaat sinds 1873 is 100% Brussel.

Het is een illusie te denken dat het plein en zijn markt een lange werf ongeschonden doorkomen. Voor een ondergrondse parking moeten er in-en uitritten komen, liften, verluchtingskokers…niet meteen troeven voor een historisch plein.

Je moet dus van slechte wil zijn om niet te begrijpen dat deze ondergrondse parking de mensen verontrust en mobiliseert. Niemand begrijpt dat een plein dat zo emblematisch is voor de ziel van Brussel vandaag zomaar kan worden vernield of verminkt. Je zou denken dat ook Rudi Vervoort deze mening moet toegedaan zijn?

Brussel blijft sukkelen met zijn erfgoed en de Minister-President stelt ons niet echt gerust als hij beweert dat “klasseren niet het alfa en omega is van het beschermen van erfgoed”. Voorbeelden als het Atomium en het Koninklijk Paleis worden aangehaald. “Niemand zou ooit eraan denken om het Atomium af te breken”. Nochtans stelde iemand in 2014 wél voor om een parking te graven onder het Vossenplein ! En daar houdt het niet bij op : de Stad wil parkings bouwen onder het Rouppeplein, de Nieuwe Graanmarkt, het Ijzerplein…

Als de Stad een bouwvergunning indient voor een parking onder het Vossenplein, moet niet enkel het erfgoed worden bekeken, maar ook andere aspecten: mobiliteit, sociale cohesie, ruimtelijke ordening, stedenbouw. Het lijkt mij gezonder om zo te werk te gaan.” Vervoort vergeet daarbij dat de ergoedwetgeving ervan uitgaat dat bepaalde getuigen uit ons verleden beschermd moeten worden, en niet worden geanalyseerd met dezelfde criteria.

Als men economische belangen, mobiliteit en dergelijke voorrang geeft, komt dat neer op een totale negatie van het idee van beschermd erfgoed. Erfgoed is onvervangbaar en bepaalde ingrepen zijn onherstelbaar. Als je het erfgoed wil vrijwaren, moet je de zaken dus in de juiste volgorde aanpakken : inventariseren, beschermen en alleen daarna bekijken welke projecten kunnen worden gerealiseerd.

Wij vragen dus dat het Gewest de beschermingsvraag analyseert op basis van de erfgoedwaarde en niet op basis van andere belangen.

Pétitions-Patrimoine en Platform Marollen

Deze opinie in “Brussel Deze Week” verschijnt op een ogenblik dat de verdedigers van het Vossenplein zich konden verheugen over de uitspraak van de Brusselse Schepen voor mobiliteit, Els Ampe. Tijdens een etentje met de pers op maandag 2 februari, had ze gezegd dat ze goed had geluisterd naar de kritieken op haar project en dat ze “zeer waarschijnlijk” niet zou raken aan het “karakter” van de plaats… Even later verklaarde ze echter dat ze bij haar besluit bleef om een ondergrondse parking te bouwen, waardoor haar eigen pas uitgesproken woorden volledig ingetrokken warden.

Pétition citoyenne pour le classement de la place du Jeu de Balle

L’association Pétitions-Patrimoine, en collaboration avec la Plateforme Marolles, vient de déposer ce 20 janvier auprès de l’administration des Monuments et Sites de la Région bruxelloise une pétition de classement comme site de l’ensemble de l’espace public de la place du Jeu de Balle, ainsi que de plusieurs bâtiments qui s’y trouvent et de l’ancien abri anti-aérien situé dans son sous-sol.

L’annonce récente d’un projet de construction de parking sous la place du Jeu de Balle a permis à de nombreux Bruxellois de découvrir que le retard dans la politique de classement à Bruxelles est tel que, ni cette place, ni les principaux édifices qui la caractérisent ne font l’objet d’une quelconque mesure de protection. Même l’emblématique ancienne caserne des pompiers due à l’architecte Joseph Poelaert ne jouit d’aucune protection à ce jour.

C’est également à cette occasion qu’un explorateur urbain a rendu public un reportage photographique montrant le parfait état de conservation de l’abri anti-aérien se situant sous la place et dont de nombreuses personnes ignoraient jusqu’à l’existence.

Il convenait dès lors de combler cette lacune en proposant au classement la place du Jeu de Balle, hôte du Vieux Marché depuis 1873, et des bâtiments et ensembles les plus significatifs qui la caractérisent.

Avec l’aide de l’association Pétitions-Patrimoine et de la Plateforme Marolles, une demande de classement par pétition vient donc d’être remise aux autorités régionales, conformément au Code bruxellois de l’Aménagement du Territoire (CoBAT) qui permet de demander au Gouvernement régional l’ouverture d’une procédure de classement.

La demande introduite concerne :

  • L’ensemble de l’espace public de la place du Jeu de Balle, qui a conservé un aspect proche de son état d’origine (notamment grâce à la présence quotidienne du Vieux Marché depuis 1873). Sa simplicité, sa lisière d’arbres et l’uniformité des matériaux de qualité, dont les fameux pavés qui la recouvrent, sont typiques des aménagements publics du XIXe et du début du XXe siècle. Peu de places bruxelloises ont su conserver à ce point ce caractère et/ou leur typologie d’origine.
  • L’église paroissiale de l’Immaculée Conception, construite en plusieurs phases entre 1852 et 1870, sur la partie occidentale de la place.
  • L’ancienne demeure du sacristain construite en 1862 et huit maisons de style néo-classique datant de 1866, qui font partie du bâti d’origine, jouxtant l’église de part et d’autre et qui permettent, par leurs gabarits réguliers, d’en rendre l’échelle d’autant plus lisible.
  • L’ancienne Caserne des pompiers, construite en 1861-1863 selon les plans de l’architecte Joseph Poelaert, qui occupe toute la face orientale de la place.
  • L’ancien abri anti-aérien se trouvant dans le sous-sol de la place, probablement aménagé en 1942 dans le cadre de l’organisation générale de la Défense Aérienne Passive, dans une partie des sous-sols des Ateliers du Renard, usine de construction de locomotives démolie au moment de la création de la rue Blaes et de la place du Jeu de Balle. La présence d’inscriptions « défense d’uriner » et « défense de cracher » en français et en néerlandais atteste que le lieu était destiné à la population civile bruxelloise, pour servir de refuge en cas d’attaque aérienne. Il s’agit d’un des rares témoins matériels à Bruxelles du second conflit mondial, la plupart des abris anti-aériens ayant été détruits après la guerre (par exemple : place Fontainas, Porte de Ninove, Théâtre flamand, rue de l’Hôpital sous le tunnel de la Jonction, ou encore l’abri-hôpital de la Porte de Hal relié par un tunnel à l’Institut Bordet).

L’intérêt patrimonial et historique de la place du Jeu de Balle, si caractéristique du Vieux Bruxelles et du folklore populaire bruxellois, est évident aux yeux de nombreux Bruxellois mais est aussi largement reconnu tant en Belgique qu’à l’étranger. Les quelques jours de collecte des signatures, par la réaction du public rencontré, ont permis de réaffirmer cette évidence avec force.

La Plateforme Marolles et Pétitions-Patrimoine attendent maintenant que le Gouvernement régional bruxellois prenne la mesure de classement qui s’impose pour cette place riche en patrimoine architectural, historique, folklorique ou archéologique et si chère aux cœurs des Bruxellois. Pour les associations, riverains et signataires, le classement permettra de garantir un avenir qui tienne pleinement compte de ce patrimoine et tourne définitivement le dos aux pires années de bruxellisation qui ont menacé le quartier des Marolles depuis les projets d’extension du Palais de Justice en passant par les vélléités de démolition de l’ancienne caserne avant sa reconversion.

Vous trouverez ci-joint la notice détaillant l’histoire et l’intérêt patrimonial de la place et des différents éléments concernés par cette demande de classement.

Petitie van burgers die de klassering vragen van het Vossenplein

De vereniging Petitions-Patrimoine heeft nu dinsdag 20 januari in samenwerking met het Platform van de Marollen een petitie neergelegd bij de administratie voor Monumenten en landschappen voor de regio Brussel. Met deze petitie vragen de ondertekenaars om de volledige publieke ruimte van het Vossenplein en ook verschillende gebouwen die er zich bevinden evenals de voormalige ondergrondse schuilkelder te erkennen als beschermd erfgoed.

Naar aanleiding van de recente aankondiging van de bouw van een parking onder het Vossenplein, ontdekten vele Brusselaars dat de achterstand in klassering van plaatsen en gebouwen dermate groot is dat zowel dit plein als de belangrijkste gebouwen gelegen er rond geen enkele vorm van bescherming genieten. Zelfs de iconische voormalige brandweerkazerne, ontworpen door de bekende architect Joseph Poulaert geniet van geen enkele bescherming.

Naar dezelfde aanleiding werd een fotoreportage gepubliceerd waaruit de perfecte staat bleek van de voormalige ondergrondse schuilkelder die zich onder het Vossenplein bevindt en waarvan velen het bestaan niet kenden.

Vandaar de idee om deze lacune in te vullen door voor te stellen om het Vossenplein, waar sinds 1873 de oude markt plaats grijpt, en ook de gebouwen en het geheel dat het plein karakteriseert te klasseren als beschermd erfgoed.

Met de hulp van de vereniging Pétitions-Patrimoine en het platform van de Marollen werd een aanvraag ingediend, conform aan het Brusselse Wetboek voor ruimtelijke ordening (BWRO), die toestaat om aan de Regionale regering de opening te vragen van een klasseringsprocedure.

De ingediende aanvraag betreft :

  • Het geheel van de publieke ruimte van het Vossenplein, die zijn oorspronkelijke staat heeft bewaard omdat er dagelijks sinds 1873 de oude markt plaats vindt. De soberheid van het plein, de inplanting van de bomen, de hoogwaardige materialen waaronder de bekende kasseien waarmee het plein belegd is, dat alles is typisch voor de publieke ruimte uit de 19de en begin 20ste eeuw. Weinig Brusselse pleinen hebben zozeer hun oorspronkelijk karakter en/of aard bewaard.
  • De parochiekerk van de Onbevlekte Ontvangenis, gebouwd in meerdere fasen tussen 1852 en 1870 die zich aan de Westelijke zijde van het plein bevindt.
  • Het voormalige huis van de koster gebouwd in 1862 en acht huizen van neoklassieke stijl uit 1866, die deel uitmaken van het originele concept, gelegen aan beide kanten van de kerk en die met hun regelmatige patronen de kerk des te meer tot haar recht laten komen.
  • De voormalige Brandweerkazerne, gebouwd in 1861-1863 volgens de plannen van de architect Joseph Poelaert, die de hele oostkant van het plein bezet.
  • De voormalige ondergronds schuilkelder gelegen onder het plein, waarschijnlijk aangelegd in 1942 in het kader van de organisatie van de algemene luchtdefensie in een gedeelte van de onderbouw van de ateliers du Renard (ateliers van de Vos), een fabriek voor de bouw van locomotieven die werd afgebroken bij de aanleg van de Blaesstraat en het Vossenplein. De opschriften in het Frans en het Nederlands « verboden te urineren » en « verboden te spuwen » tonen aan dat de kelder bestemd was voor de Brusselse burgerbevolking om bij luchtbombardementen te kunnen schuilen. Het is één van de weinige overblijfselen in Brussel die getuigen van de tweede wereldoorlog, de meeste schuilkelders werden na de oorlog immers afgebroken (bijvoorbeeld : op het Fontainasplein, de Ninoofse poort, het Vlaams theater of nog het ondergronds ziekenhuis aan de Hallepoort verbonden via een tunnel met het Bordet-instituut.

In de ogen van vele Brusselaars is het historisch belang als erfgoed van het Vossenplein, die het oude Brussel en de folklore van de Brusselse bevolking vertegenwoordigd, vanzelfsprekend. En dit is zowel in België als in het buitenland erkend. Het feit dat de nodige handtekeningen in enkele dagen werden opgehaald en de reacties bij het publiek zijn daar duidelijke bewijzen van.

Het platform van de Marollen en de vereniging Petitions-Patrimoine verwachten nu van de Brusselse regering dat ze de nodige stappen onderneemt om dit plein dat belangrijk is omwille van zijn architecturaal, historisch, folkloristisch en archeologisch erfgoed en dat zo nauw aan het hart lgt van de Brusselaars, te klasseren als beschermd erfgoed. Voor de verenigingen, de buurtbewoners en de ondertekenaars zal de klassering een toekomst garanderen die ten volle rekening houdt met dit erfgoed en definitief de rug keert aan de slechtste jaren van de « Brusselisering » toen de Marollenwijk bedreigd werd: we denken aan de projecten voor de uitbreiding van het justitiepaleis en de pogingen om de brandweerkazerne af te breken toen die nog niet gerenoveerd was.

In bijlage vindt u de nota over de geschiedenis en het belang als erfgoed van het plein en de bijhorende elementen die in aanmerking komen voor klassering.

Veut-on vraiment laisser la place du Jeu de Balle à une société de parking ?

Un texte de Gwenaël Breës, 06/12/2014

Les 15 premières minutes de l’émission « Les experts » de Télé Bruxelles ce samedi 6/12 concernent le projet de parking sous la place du Jeu de Balle. J’ai été sidéré à la vision de ce débat…

– Sidéré d’entendre qu’après deux semaines de forte mobilisation contre le parking, plusieurs journalistes en sont encore à se demander si celle-ci émane du quartier ou si elle n’existe que sur les réseaux sociaux (l’un d’eux allant jusqu’à suggérer que l’opposition à ce parking  pourrait être une forme d’opposition personnelle à Yvan Mayeur) ! Y a-t-il vraiment besoin d’un débat avec autant d’invités pour pour poser de telles questions ? Ne vaudrait-il pas mieux passer quelques heures dans les Marolles à discuter avec les habitants, marchands et commerçants, à écouter les conversations, à sentir l’ambiance, à observer le nombre d’affiches collées sur les vitrines, les pétitions qui circulent sur le marché et dans les commerces…?

– Sidéré d’entendre Faouzia Hariche (PS de Bruxelles-Ville) prétendre mettre les points sur les « i » dans un dossier dont elle ignore manifestement les tenants et les aboutissants. Mais personne sur le plateau ne la rectifie quand elle se trompe dans les grandes largeurs. C’est anecdotique lorsqu’elle insiste sur le fait qu’on parle du quartier de « la Marolle » et non « des Marolles », alors qu’il est de notoriété historique que la Marolle se limite à quelques rues situées en amont de la rue Haute derrière l’hôpital Saint-Pierre, le Jeu de Balle n’en faisant donc pas partie. Ce l’est moins lorsqu’elle tente de justifier le projet de parking par le problème de stationnement des camionnettes des marchands « à la rue du Midi », alors que c’est sur le boulevard du Midi et sur la rue des Brigitinnes que se trouvent les emplacements destinés à ces camionnettes, mais surtout que ce système fonctionne bien depuis plusieurs années, même s’il pourrait être amélioré par un système de réservation et de vignettes pour les marchands.

– Sidéré que le bourgmestre Yvan Mayeur puisse déclarer sans contradiction (mardi, toujours sur le plateau de Télé Bruxelles) que le parking du Jeu de Balle n’est pas lié au nouveau plan de circulation ! Les journalistes n’ont manifestement pas lu ce plan dont ils parlent tant ces dernières semaines… Normal, il n’est toujours pas public ! Par contre, la présentation écrite qui en a été donnée au Conseil communal et les cahiers des charges des parkings sont des documents accessibles, ils viennent d’ailleurs d’être votés par Mme Hariche et ses collègues. Ce sont des sources de premier ordre, qui constituent la base légale à laquelle les prétendants concessionnaires auront à répondre. N’importe qui prend la peine de les lire peut constater que ce parking fait bel et bien partie du plan de circulation.

Contrairement à ce qu’affirme Mme Hariche, la seule fois où le mot « marché » est utilisé dans le cahier des charges pour désigner autre chose qu’une attribution de marché public, c’est dans une phrase courte et sibylline (« Il y a lieu de maintenir au maximum le marché durant les travaux. »), ne donnant aucune garantie sur le maintien du Vieux Marché pendant les travaux. D’ailleurs, l’Echevine du Commerce Marion Lemesre elle-même a plusieurs fois contredit sa collègue Els Ampe en déclarant publiquement que le Vieux Marché serait déplacé pendant le chantier. Or, on sait qu’il n’existe pas d’espace assez grand dans les environs pour accueillir tous les marchands et qu’un déménagement « le temps du chantier » signifierait la mort annoncée de nombreux commerces. Mme Lemesre, qui a parfois le mérite de la franchise, a même déclaré voir des avantages à ce déménagement et aux transformations commerciales et sociales qu’il pourrait créer dans le quartier…

Alors, à quoi bon organiser un débat télévisé avec des invités qui n’ont que des opinions personnelles sur les questions posées ? Il y a des faits, des déclarations, des documents. Leur lecture suffit, par exemple, à constater que rien n’est prévu quant au maintien des pavés contrairement à ce que clame M. Mayeur. Ou à découvrir en toutes lettres que l’entreprise qui sera retenue pour construire le parking (Interparking ?) bénéficiera d’une concession de 35 ans… et se verra confier la responsabilité de réaménager les espaces publics autour.

Quant à « l’affaire du bunker », dénoncée par Mme Ampe comme une « instrumentalisation du patrimoine », il n’aura pas échappé à l’observateur attentif qu’elle est née dans les médias, suite à la publication de photos de l’abri anti-aérien sous la place du Jeu de Balle. Ces photos ont été prises par un explorateur urbain qui les avait gardées secrètes « pour éviter que l’endroit soit dérangé par d’autres », jusqu’à l’annonce du projet de parking. Voilà pour ce qui est de « l’instrumentalisation ». Par contre, il existe bien un sentiment partagé par de nombreuses personnes à Bruxelles que cet abri constitue un patrimoine à préserver, bien plus important qu’un parking. Ceux qui en connaissaient l’existence n’avaient pas besoin d’en demander le classement, puisque le lieu n’était en rien menacé. Et ceux qui tiennent à la place du Jeu de Balle comme elle est, n’ont pas besoin de trouver de prétexte pour le dire. C’est d’ailleurs le classement intégral de la place, de ses sous-sols et de son activité qu’ils sont tentés de revendiquer.

Dans ce contexte d’opacité et de passage en force, M. Mayeur ne doit pas s’étonner d’une telle mobilisation. C’est son projet commun avec Mme Ampe et leur méthode qui ont réussit l’exploit de fédérer autant d’opposants en si peu de temps… Accuser ceux-ci de faire de « l’intox », c’est une ficelle un peu grosse lorsqu’on tente soi-même de faire passer des pommes pour des poires un jour, et pour des fraises le lendemain.

Se rend-il compte qu’en accusant les élus Ecolo-Groen d’avoir agité et mobilisé la population, M. Mayeur confère non seulement à ces partis une force de mobilisation qu’ils n’ont pas, mais aussi qu’il offense tous les habitants qui ont un cœur pour ressentir, des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et un cerveau pour réfléchir ?

 

Des places publiques ou des places de parkings ?

Communiqué de presse de Pétitions-Patrimoine, 29/11/2014

Pétitions-Patrimoine se joint au concert de critiques qui voient le jour suite au projet de « piétonisation » d’une partie du centre-ville de Bruxelles. Pour l’association de défense du patrimoine, ce projet qui vise à créer une zone piétonne autour de la Grand-Place au détriment du reste du Pentagone ressemble à un mauvais rêve issu des années 1960, époque bénie de la bruxellisation. En effet, la philosophie qui sous-tend le projet paraît particulièrement rétrograde car il ne s’agit pas de protéger du trafic automobile un centre historique déjà saturé de voiture mais, au contraire, d’y amener plus de voitures en proposant de nouveaux parkings souterrains qui défigureront plusieurs places historiques (place Rouppe, place du Jeu de Balle, place de l’Yser et Nouveau Marché aux Grains). Ces parkings, confiés à des opérateurs privés, devront nécessairement être remplis au mieux pour assurer leur rentabilité, ce qui empêchera, par effet rebond, toute future politique volontariste de réduction du trafic.

Alors que la plupart des villes européennes mettent en place des politiques visant à protéger leurs centres historiques du trafic automobile et à inciter les visiteurs, chalands et touristes à laisser leurs voitures en périphérie et à y venir en transport public, la Ville de Bruxelles prône exactement l’inverse : amener les visiteurs – en voiture – au plus près d’un hyper-centre, certes piétonnier, mais qui est traité comme un simple shopping-centre, c’est-à-dire desservi par une sorte de mini-ring routier et entouré de parkings. Or, on sait que les centres anciens, avec leurs rues généralement étroites et non rectilignes, n’ont pas été conçues pour l’usage de l’automobile et que, historiquement, toutes les tentatives pour les y adapter ont été des échecs, créant plus de nuisances que de fluidité. On sait aussi combien la pollution atmosphérique due à ce trafic salit et dégrade la pierre et les matériaux des monuments et bâtiments historiques.

Du projet porté par la Ville de Bruxelles, Pétitions-Patrimoine dénonce surtout la mise à sac des quatre places historiques du centre vouées à accueillir les nouveaux parkings souterrains. En effet, la création de ces parkings s’accompagnera inévitablement de la construction de diverses cheminées d’aération et trémies d’accès. Ces dispositifs sont particulièrement encombrants et détruiront les proportions, circulations, perspectives et cohérences visuelles de ces places publiques, en particulier du fait que la plupart d’entre elles sont de taille plutôt modeste. Il suffit de voir les difficultés d’aménagement de la place de la Monnaie, littéralement coupée en deux par les trémies d’accès au parking qu’elle surplombe. Son espace est pourtant assez généreux mais il semble bien encombré par les dispositifs techniques du parking (bouche d’aération et trémies d’accès) qu’on a essayé, tant bien que mal, de masquer par des aménagements divers. On y voit aussi combien le cheminement des piétons est entravé par les deux voies d’accès au parking. Alors, va-t-on répéter les mêmes erreurs sur des places plus petites ? Imagine-t-on vraiment la petite place du Nouveau Marché aux Grains ou la symétrique et classique place Rouppe affublées de rampes d’accès à des parkings et dépourvues à jamais de toute possibilité d’y planter des arbres ?

abricouleur
L’abri anti aérien sous la place du Jeu de Balle.

Plus particulièrement, Pétitions-Patrimoine s’est penchée sur le cas de la place du Jeu de Balle qui possède des spécificités qui la rende particulièrement inapte à accueillir un parking souterrain. Tout d’abord, comme pour les autres places, il y a le problème des aérations et voies d’accès qui vont défigurer sont attrait historique et esthétique : simplicité, uniformité des matériaux de qualité (pavés), lisière d’arbres… Ensuite, le sous-sol de la place possède des éléments qu’il conviendrait de préserver pour leurs valeurs historiques : partie de l’ancienne usine de locomotive de la « Société du Renard » (1837) et un vaste abri anti-aérien pratiquement intact datant de la Seconde Guerre Mondiale. La place, achevée en 1863, abrite aussi le « vieux marché » quotidien depuis 1873. Le long chantier du parking et le réaménagement de l’espace de la place risque de mettre à mal ce marché populaire qui, avec son folklore et ses multiples anecdotes, fait partie de l’Histoire et du patrimoine immatériel de Bruxelles. Les Marolliens et nombreux Bruxellois qui pétitionnent et protestent en ce moment contre cette menace ne s’y sont pas trompés.

Pétitions-Patrimoine demande à la Ville de revoir la copie de son plan de piétonisation, tout d’abord en abandonnant l’idée de créer de nouveaux parkings souterrains dans le centre-ville. Ceux-ci sont inutiles, coûteux et destructeurs du patrimoine et de l’espace public. Ensuite, Pétitions-Patrimoine plaide pour un changement de philosophie du plan : s’il y a piétonisation d’une partie du centre-ville, cela ne doit pas se faire au détriment des autres quartiers du Pentagone et une politique générale de modération du trafic doit être mise en place afin de préserver ce qui fait la qualité d’un centre historique digne de ce nom.